Minibus STIB : retour sur une mobilisation citoyenne en faveur du droit à la mobilité des personnes en situation de handicap
Depuis plusieurs mois, le projet de réforme du service Minibus de la STIB suscite une vive inquiétude parmi les personnes à mobilité réduite et leurs proches. L’annonce de la suppression progressive de ce service spécialisé, au profit d’un système davantage basé sur des taxis privés, a provoqué une importante mobilisation citoyenne.
Une réforme qui soulève de nombreuses inquiétudes
Les usagers du service Minibus STIB craignent que cette réforme entraîne une dégradation significative de leur mobilité et de leur qualité de vie. Parmi les principales préoccupations exprimées figurent la disparition d’un service spécifiquement conçu pour répondre à leurs besoins, une perte d’autonomie, l’absence de garanties quant à la qualité du futur dispositif ainsi que les difficultés déjà rencontrées avec certaines solutions de transport en taxi.
Pour de nombreuses personnes concernées, les minibus STIB représentent bien plus qu’un simple moyen de transport. Ils offrent un accompagnement humain assuré par des chauffeurs formés, habitués aux réalités du handicap et capables d’assurer un service adapté aux besoins des usagers.
Une mobilisation portée par les usagers
Face à cette annonce, plusieurs utilisatrices du service, dont Gabriela Stanciu et Marie Cretel, ont décidé de se mobiliser afin de défendre le maintien des minibus STIB.
Une pétition citoyenne a rapidement recueilli plus d’un millier de signatures. Cette mobilisation s’est ensuite traduite par plusieurs actions, notamment un rassemblement devant le Cabinet de la Ministre de la Mobilité le 1er juin 2026 ainsi qu’une rencontre avec le Cabinet ministériel le 19 juin 2026.
Le GAMP n’est pas à l’origine de cette mobilisation. Toutefois, fidèle à sa mission de défense des droits des personnes en situation de handicap, notre association a choisi d’apporter son soutien à cette initiative citoyenne, estimant que cette réforme pourrait accentuer les difficultés déjà rencontrées par de nombreuses personnes en situation de handicap de grande dépendance.
L’engagement du GAMP
Dans le cadre de cette mobilisation, le GAMP s’est mobilisé en relayant les informations auprès de ses membres, en diffusant la pétition et le communiqué de presse des organisatrices, en participant aux différentes rencontres organisées avec les autorités ainsi qu’à la réunion technique organisée par le Cabinet de la Ministre de la Mobilité.
L’association a également assuré un important travail de sensibilisation en relayant les nombreux articles de presse consacrés à ce dossier sur ses différents réseaux de communication.
Tout au long de cette mobilisation, le GAMP a veillé à rappeler que cette initiative était avant tout portée par des usagers directement concernés, tout en affirmant son soutien aux revendications exprimées.
Les principales étapes de la mobilisation
Mars 2026
Les premières inquiétudes apparaissent à la suite de l’annonce de la disparition programmée du service Minibus STIB.
Début juin 2026
La mobilisation citoyenne est officiellement lancée avec la diffusion d’une pétition et les premiers appels à la mobilisation.
1er juin 2026
Un rassemblement est organisé devant le Cabinet de la Ministre de la Mobilité. La pétition est remise aux représentants du Cabinet et une délégation est reçue afin d’exposer les préoccupations des usagers.
5 juin 2026
Le dossier est porté au Parlement bruxellois lors d’une séance plénière. Plusieurs députés interpellent la Ministre sur les conséquences de cette réforme pour les personnes à mobilité réduite.
19 juin 2026
Une manifestation en fauteuil roulant est organisée devant le Cabinet de la Ministre. Une réunion technique réunit ensuite les représentants des associations, des administrations et des autorités. Le GAMP participe à cette rencontre afin de porter la voix des familles et des personnes concernées.
Les préoccupations exprimées par les usagers
Au fil des échanges, plusieurs préoccupations reviennent de manière récurrente :
- la disparition d’un service spécialisé répondant aux besoins spécifiques des personnes à mobilité réduite ;
- une perte d’autonomie et d’indépendance ;
- des difficultés déjà rencontrées avec les services de taxis (retards, annulations, problèmes d’accessibilité) ;
- la disparition de chauffeurs spécifiquement formés à l’accompagnement des personnes en situation de handicap ;
- un risque accru d’isolement pour les personnes les plus dépendantes.
Une importante couverture médiatique
La mobilisation a rapidement trouvé un large écho dans les médias, contribuant à sensibiliser le grand public aux enjeux de cette réforme.
Le sujet a notamment été relayé par :
- BX1
- Les personnes à mobilité réduite dénoncent la fin des Taxibus (1er juin 2026)
https://bx1.be/categories/news/les-personnes-a-mobilite-reduite-denoncent-la-fin-des-taxibus/ - Des usagers à mobilité réduite protestent contre la suppression des minibus de la STIB (19 juin 2026)
https://bx1.be/categories/mobilite/des-usagers-a-mobilite-reduite-protestent-contre-la-suppression-des-minibus-de-la-stib/
- Les personnes à mobilité réduite dénoncent la fin des Taxibus (1er juin 2026)
- 7sur7
- La Région veut supprimer les minibus de la STIB pour les PMR : « Une fois sur deux, le taxi ne vient pas »
https://www.7sur7.be/belgique/la-region-veut-supprimer-les-minibus-de-la-stib-pour-les-pmr-une-fois-sur-deux-le-taxi-ne-vient-pas~afde3218/
- La Région veut supprimer les minibus de la STIB pour les PMR : « Une fois sur deux, le taxi ne vient pas »
- Le Soir
- Reportage consacré à la mobilisation des usagers
- Reportage consacré à la mobilisation des usagers
- RTBF
- Moustique
- Réseaux sociaux
- De nombreux relais ont également été réalisés sur Facebook, LinkedIn et d’autres réseaux sociaux par des associations, des citoyens, des élus et des médias, contribuant à donner une visibilité importante aux inquiétudes exprimées par les usagers concernés.
Cette visibilité médiatique a permis de mettre en lumière les réalités vécues quotidiennement par les personnes en situation de handicap qui dépendent de ce service pour se rendre à leurs rendez-vous médicaux, exercer une activité professionnelle, participer à la vie sociale ou simplement se déplacer en toute sécurité.
Et maintenant ?
Cette mobilisation citoyenne a permis de faire entendre la voix des usagers, d’ouvrir un dialogue avec les autorités et de rappeler que la mobilité constitue un droit fondamental et une condition indispensable à la participation pleine et entière des personnes en situation de handicap à la vie de la société.
Le dossier reste néanmoins ouvert en attendant une audition au parlement bruxellois. Le GAMP poursuivra son travail de vigilance et de plaidoyer afin que toute évolution du service garantisse le respect des droits, de la sécurité, de la dignité et de l’autonomie des personnes concernées.
